Taizé-Aizie
 
La commune de Taizé-Aizie (16700) se situe à cheval sur le fleuve Charente qui reçoit d'abord la Sonnette (gonflée en Vienne du ruisseau de P. et formée au confluent du ruisseau du Cibiou et du ruisseau de Cornac), puis la Lisonne en provenance de Bioussac dans le canton de Ruffec, et la communauté de communes de Ruffec.
 

Le bourg, à flanc de coteau, en 1958, la cantine scolaire est toute neuve.
 
L'école est un RPI avec Les Adjots, chacune une école élémentaire. L'école de Taizé-Aizie comprend deux classes. La maternelle avec deux classes est située à côté. Le collège est à Ruffec.

La presse locale
 
Une petite église au fond de la vallée.

Fontaine et lavoirs remarquables en bas du coteau du hameau du Peu.
 
Le moulin de l'Isle.
 
 
La mairie, l'école, la salle des fêtes et le monument aux morts.

Morts pour la France
1914-1918

BAUBINAUD Robert

BELLY Louis
BIBAUD Daniel
BRUN Pierre
COLIN Frederic
COLIN Joseph
DELHOMME Alphonse
FAIRON Maurice
FAVRE Henri
FAVRE Marcel
FOIN Auguste
GAUVIN Auguste
GUILLET Louis
HERAULT Henri
HERAULT Jean
HERAULT Victor
JUSSAUME Felix
LAMIT Auguste
LAMIT Henri
LAVAUD Bernard
MARTINAUD Henri
MARTINAUD Louis
MAUBERGER Amédée
MICHAUD Pierre
MIMAUD GRAND CHAMPS Henri
MIMAUD GRAND CHAMPS Robert
PICQ Georges
SAUZET Julien
SAUZET Marcel
TRILLAUD Auguste
VALLADE Jean
VINCENDEAU Jean Baptiste

Morts pour la France
1939-1945




 
 
Ruines du château d'Aizie vers 1900. Ce château relevait de Ruffec.

 
Taizé-Aizie est membre de la CdC Val de Charente.
Mairie

Population (démographie)

  • 1793 : 648 hab.
  • 1851 : 936
  • 1906 : 571
  • 1954 : 568
  • 1968 : 408
  • 1990 : 544
  • 2007 : 562

Le milieu associatif en force à Taizé-Aizie

Retrouvons toutes les associations dans la presse locale (CL)


Les possibilités de développement touristique
On peut rêver d'une base toutistique familiale et plus sur le site des Forges à Taizé-Aizie.




 
Eglise paroissiale Saint-Pierre : origine romane, restaurée au XIXe siècle. A l'origine le prieuré Sainte-Radegonde d'Aizie de Yissia dépendait de l'abbaye de la Réau.
Cloche en bronze datée de 1666 qui porte l'inscription « JESUS MARIA JOSEPH. SANCTE PETRE ORA PRO NOBIS. FRANÇOIS TOUZALIN, PRIEUR DE CEANS. DAMOISELLE MARIE POISSON, MARINE, FILLE DE FRANÇOIS ESCUYER, SEIGNEUR DE OISIOLLE. 1666 ». Porte des armoiries non identifiées. Classée monument historique au titre objet le 30 octobre 1943.


L'histoire de Taizé-Aizie est particulièrement riche. Il existe de nombreux sites internet et pages sur ce même site pour l'évoquer, d'où ces liens à cliquer.
Un relais du télégraphe Chappe a existé à Taizé-Aizie
Nota : Pour en savoir plus sur le télégraphe Chappe et son passage en Ruffécois consulter la page sur Villegats sur ce même site.
La tour de Villegats était à vue de celle de Taizé-Aizie au nord et celle de Lonnes au sud. 

Sur cette carte (1890) le point géodésique où était installé le télégraphe est repéré en jaune.


Taizé-Aizie, station de type tour carrée située à 2 kilomètres à l'est sud-est de la localité, au lieu-dit "le Télégraphe", altitude proche de 155 m, à proximité du hameau d'Usseau.
Il ne reste aucun vestige dans le champ. La carte IGN actuelle mentionne "le Télégraphe".
Le poste correspondant au nord, "Civray", est à environ 12 kilomètres.

L'Observateur de Ruffec, 1911 (résumé d'histoire)
Taizé-Aizie, la Charente, son patrimoine, forges et moulins...
Presque aussitôt qu'elle est revenue dans notre département, la Charente reçoit les eaux de la Font de Genouillé et des sources des environs de Surin qui, réunies vers le Moulin David, passent à Lizant, qui fut si longtemps le pays renommé pour ses écrevisses. Il paraît qu'on en trouve encore. Bientôt elle touche le moulin de L'Ile, puis laissant à gauche le village de Puis-Pas-Trop et à droite la route qui conduit à Ruffec, elle arrive à la métairie du Chadeuil, où elle reçoit les eaux de la Lisonne, affluent de 16 kilomètres, qui a déjà fertilisé les jolies vallées de Moutardon et de Bioussac.
Voici la Charente aux forges de Taizé-Aizie, souvent appelées forges de Ruffec, où pendant longtemps elle eut fort à faire pour actionner un puissant outillage. Les Forges constituaient le premier établissement industriel sérieux qu'elle trouvait sur son parcours. Créées dans la première moitié du 18e siècle, ainsi que le constatent les lettres patentes du roi Louis XV, en date du 29 juin 1731, elles furent longtemps un centre d'activité féconde pour le pays. Construites par le duc de Saint-Simon, qui hésita à les installer un peu plus haut, à la chaussée dite Begaud à Cheptier, elles furent mises en activité presque aussitôt. Le minerai de fer provenait d'abord de la terre de Boisseguin, toute proche, puis des environs, et plus tard de Charroux et de Civray: Il était payé un droit de champ aux propriétaires, qui par suite avaient intérêt à la prospérité de la forge. Dès 1769 on y fabriquait un acier estimé, si l'on en juge par un marché passé pour six ans avec l'administration de la marine pour la fourniture dans les ports de Brest, Rochefort et Toulon, de la plus grande partie de la production.
Le comte de Broglie, en étant devenu propriétaire, essaya d'y faire fabriquer de l'artillerie, mais l'expérience ayant prouvé que la fonte n'était pas propre à cet usage, il fallut y renoncer. La Révolution ne tarda pas à nationaliser les Forges comme étant bien des émigrés Broglie. D'abord séquestrées, elles furent ensuite mises en régie, ce qui donna lieu à des abus sans nombre ; un peu plus tard, le Comité de salut public de la Convention nationale chargea le ministre de la marine de disposer le plus promptement possible du haut-fourneau de Taizé-Aizie pour fabriquer des boulets.
Le 29 pluviose (an II de la République) une lettre du district de Ruffec, certifiée par le commissaire du conseil exécutif et du comité de salut public ordonnait que les voituriers et charretiers des Forges, actuellement occupés à conduire les grains, réquisitionnés, seraient remplacés immédiatement pour transporter les objets nécessaires à la fabrication des articles d'affinerie.

Tous les jeunes gens de Taizé demandés par la levée militaire furent employés aux Forges. Les tuileries de Villegast et de Verteuil furent mises en demeure de fournir dans le plus bref délai possible 10 à 12,000 briques pour la construction. de fourneaux spéciaux.
Des réquisitions de grains furent ordonnées pour nourrir le personnel de l'usine. On réclama aussi des bûcherons, car les forets de Ruffec, de la Temblaie et autres bois d'alentour devaient fournir le combustible nécessaire. Cette grande animation ne fut pas de longue durée. Un rapport écrit sur les Forges de Rem, présenté par M. Chauvet à la Société archéologique, dit que vers l'an VII la forge était presque abandonnée. Le 14 juin 1809, Mme Charlotte de Broglie, épouse non commune en biens de Nicolas Encé de Marcieu, demeurant à Grenoble, acheta la forge et ses dépendances (bien patrimonial) pour la somme de 127.500 fr.
Remise en état, la forge de Taize-Aizie, d'après Quenot (Statistique du département de la Charente), était en 1818 la plus considérable du département. Elle possédait alors deux hauts fourneaux et trois affineries ; elle consommait chaque année 1500 brasses de bois valant 87.500 fr.
De la famille de Marcieu, les forges passèrent ensuite entre les mains d'un M. Muse, qui la revendit en 1854 à M. Lubbert, négociant à Bordeaux.
Enfin en 1860, M. Alphonse Martin en devint propriétaire. Le grand industriel, auquel a été rendu tout récemment un si éclatant hommage pour ses découvertes métallurgiques, y fabriqua ses aciers, connus et appréciés dans le monde entier, ainsi que des canons de fusil pour la manufacture d'armes de Châtellerault.
Depuis 1879, le haut fourneau et les lourds marteaux de l'ancienne usine ont disparu et avec eux la vie qu'apportait la présence d'une centaine d'ouvriers spécialistes et auxiliaires que comportait une pareille industrie.
Du haut fourneau, du boyard, de la fonderie, des ateliers et de l'outillage, il ne reste plus que le souvenir. La rareté du minerai et surtout le déplacement de l'industrie ont éteint les forges de Taizé-Aizie, dit M. l'abbé Jacques dans son intéressant volume sur Taizé-Aizie, auquel nous empruntons tous ces détails. Est-ce bien sûr ? Tout récemment, des gens compétents émettaient l'avis que les terrains avoisinant les Forges pouvaient, devaient contenir encore des ressources considérables. Les anciens, disent-ils, ont bien exploité le pays... à la surface, avec les moyens d'action dont ils disposaient ! Mais quand il aurait fallu creuser plus profondément, lutter contre l'envahissement des eaux, ils abandonnèrent, et c'est à ce moment que le plus souvent la récolte serait féconde.

L'outillage industriel moderne aurait vite raison de ces difficultés. D'autre part, une statistique récente des exploitations minières en France accuse comme résultats en 1911 une insuffisance considérable entre la production et la consommation, bien que l'an dernier il ait été extrait en France plus de dix millions de tonnes de minerai de fer, dont la majeure partie est fournie par nos bassins lorrains de Briey, de Longwy et de Nancy. Le reste provient de la Normandie, du synclinal de Valais surtout, et des environs de Cherbourg ; puis de l'Anjou, de la Saône-et-Loire, de l'Ardèche, des Pyrénées, du Périgord, du pourtour du Massif central, du Dauphiné aussi (Taillat et Alevard), dont les qualités sont fort recherchées à cause du mélange d'un peu de manganèse. L'Algérie et la Tunisie fournissent leur part. La France est jugée plus riche encore, et ce qui semble bien en témoigne, c'est que depuis 1904, les cartons ministériels ne renferment pas moins de 163 demandes de concessions minières dont 55 visent les mines de fer, 40 des mines d'or, 18 des mines de houille. Et toutes ces demandes restent sans réponse sous prétexte qu'il faut modifier sur ce point notre législation. Et on ajoute : Quand donc nous déciderons-nous à exploiter nos propres richesses au lieu d'aller, comme aujourd'hui, demander à l'Angleterre et à l'Allemagne ce que nous pourrions trouver en France? Bien dit. Mieux encore serait si les minerais des environs de Taizé n'avaient pas dit leur dernier mot. On y a songé, non pas avec l'espoir de rendre aux Forges leur ancienne activité, mais pour tirer parti d'un produit du sol de plus en plus recherché. Peut-être reviendrons-nous par là avant longtemps !...
Un dernier mot sur les Forges. Maintenant, sous la direction de M. Paul Baudinaud, propriétaire des Forges éteintes, on voit une jolie propriété en exploitation remplacer l'ancienne usine ; et les marais, sans cesse inondés par l'écluse, ont fait place à une belle prairie. Une seule des roues de la force motrice est aujourd'hui utilisée pour la minoterie, dans le local de l'affinerie. Peu à peu les dépendances de l'ancienne forge dépouillent la teinte noire que la fumée leur avait laissée.
Bientôt il ne restera plus pour rappeler les anciennes Forges, que le nom, le bief et l'ancienne maison de la direction (transformée en maison de maître) gardant encore dans le petit beffroi les cloches de l'ancienne horloge qui réglait l'heure des sorties et des rentrées à l'usine.

Mais les Forges n'étaient pas le seul côté intéressant du pays. Bien, avant leur installation, les anciens avaient tiré parti de la situation exceptionnelle des lieux. Si, après avoir contourné l'habitation des Forges, on fait à droite l'ascension du coteau d'Aizie, on trouve les ruines d'un château féodal.
 
Ruines du château d'Aizie vers 1900. Ce château relevait de Ruffec.
La route de gauche mène à Boistillet par une rampe assez rapide, mais soit d'un point, soit de l'autre, on est largement récompensé de l'effort qu'il a fallu faire. Ceux qui ne connaissent pas notre Charente et seraient tentés d'en parler à la légère n'ont qu'à faire la promenade, ils seront certainement ravis du panorama que la nature étale sous leurs yeux. En tenter la description ne pourrait que la déflorer. Elle se résume en ces quelques vers du chansonnier Nadand :
Les champs, les bois et les prés verts,
Les eaux d'argent, les toits de brique,
Forment avec leurs tons divers
Une éclatante mosaïque.
Le château d'Aiziè, qui d'après des documents authentiques, était érigé en 1456, avait été construit aux confins de la Vienne et de l'Angoumois, forteresse bien placée pour surveiller les rives de la Charente, qui lui faisait d'un côté une défense naturelle, et l'ancienne voie romaine de Saintes à Charroux. Il fut détruit vers 1465, à l'époque de la rébellion du duc de Berry contre le roi Louis XI. Il était alors la propriété dé Jean de Volvire, seigneur de Ruffec, qui avait pris part à la révolte et vit aussi son château de Ruffec détruit par les troupes royales.
Une autre version, présentée comme plus probable, dit que les gendres d'Aymar de La Rochefoucauld et de Jeanne de Martreuil tinrent pour l'autorité royale et alors le seigneur de Ruffec, Jean de Volvire, «homme actif et entreprenant, vieilli dans les intrigues», entré dans la ligue du duc de Berry, s'empressa de détruire le château d'Ezie tenant pour le Roi, avant que les troupes royales ne fussent rassemblées autour de Ruffec. Ce qui corrobore cette dernière hypothèse, c'est qu'à cette époque les seigneurs d'Ezie obtinrent du roi Louis XI des lettres-patentes datées de 1468, permettant aux habitants de Ruffec de fortifier leur ville sous les remparts même du château de Ruffec récemment saccagé. A la Révolution, qui détruisit même les tires, il ne restait déjà plus grand chose de l'ancien château d'Aizie. Il n'en subsiste plus aujourd'hui que quelques vestiges, bases de murailles et de tourelles dont le temps, ce grand niveleur, finira par avoir raison.

«La ruine féodale d'Aizie n'est pas le seul objet intéressant de ce village qui attire l'attention du touriste amateur des choses d'un autre âge» dit M. Jacques, ancien curé de Taizé-Aizie.
Au couchant de la ruine féodale et sur un plan un peu plus élevé, se trouvent dans un état de conservation relative les restes de l'ancien prieuré d'Aizie. Sa fondation remonterait vers 1413, d'après le don qu'en fit Guillaume de Martreuil, seigneur d'Aizie et en partie de Ruffec, aux religieux de Nanteuil-en-Vallée. Après la destruction du château d'Aizie, les propriétaires cédèrent une partie des terres aux religieux avec charge d'y bâtir une église et ce furent, les chanoines réguliers de la Congrégation de France, déjà établis en Poitou!, qui construisirent et le, prieuré dont on voit encore les ruines.
L'église primitive d'Aizie, de style ogival, avait d'assez Vastes proportions elle fut détruite et les bâtiments du prieuré furent saccagés par les protestants à l'époque où ils occupèrent Ruffec et les environs. Après le passage des protestants, les religieux reprirent possession de leur prieuré d'Aizie, qui valait encore 500 livres en 1650, dit un document, toutefois il ressort qu'il ne rebâtirent pas l'église incendiée et qu'ils ne firent que des réparations sommaires à l'habitation prieurale. Leur délabrement empêche aujourd'hui l'archéologue de reconstituer le prieuré primitif. On ne peut y signaler que le bel escalier en pierre qui dessert la construction et les vastes chambres pavées en petites briques reposant, aux premier et deuxième étages, sur de massifs planchers dont elles sont séparées par un mélange de terre et de chaux.
Le prieuré d'Aizie avec ses dépendances, dont faisait partie la métairie de Prioux, furent vendus en partie, le 2 mars 1792, comme biens nationaux, à M. Jeoffroy, receveur du district. Plus tard, vers 1829, la métairie de Prioux passa entre les mains de la famille Mimaud-Grandchamps, et l'habitation du prieuré, avec les ruines de l'ancienne chapelle, furent achetées de M. Paul Garnier de la Boissière, gendre de M. Jeoffroy, par MM. Marrat et Jean Mongillon. Ce dernier, après son acquisition, détruisit l'étage supérieur de l'ancienne maison et sa toiture en pente rapide, pour lui donner la forme actuelle. La famille Jeoffroy a gardé bien plus longtemps la métairie sise à Aizie et ne l'a vendue que vers 1850.
Avant de quitter ces parages, une visite sur la hauteur de Boistillet s'impose. C'est une ancienne maison noble, transformée en maison de plaisance il y a trois quarts de siècle par M. Mimaud-Grand-champs ; un de ses fils l'habite encore. Trois belles allées de charmilles séculaires aboutissent à cette habitation d'où la vue s'étend à l'infini ; un vieux tilleul, remarquable par sa taille, couvre de son ombrage l'intersection de ces trois allées, au levant de la maison.
La terre de Boistillé appartenait en 1527 aux Brilhac de Nouzières ; elle comprenait les trois fermes qui l'entourent : Prioux, le Bourgneuf et le Chadeuil. De l'ancienne habitation il ne reste presque plus rien.
Il nous faut maintenant descendre de ces hauteurs pour reprendre le cours de notre promenade sur les rives de la Charente. Quand, après avoir traversé, bouillonnante, la route qui descend de Chauffour pour conduire à Bioussac et Moutardon, la Charente reprend son cours paisible dans la vallée, elle passe au pied du bourg de Taizé, tout près de la vieille église, dont la construction parait remonter au XIIIe siècle. La porte qui subsiste encore dans le mur latéral situé au midi est du style roman le plus pur et le plus sévère.
Cette église a son histoire : en 1100, la parochia de Taizec, dit dom Fonteneau, faisait partie de la châtellenie de Civray. Au 13e siècle, l'église de Taizé était une dépendance de l'abbaye de Nanteuil. Vers la fin du 14e siècle, après le passage des Anglais, elle devint la propriété des chanoines de la Congrégation de France établis à la Réau, en Poitou, qui la conservèrent jusqu'à sa dévastation par les protestants, maîtres de Ruffec et des environs vers le milieu du 16e siècle.
Les registres de l'état religieux de Taizé-Aizie, actuellement à la mairie, témoignent qu'à partir de 1603, cette église avait été suffisamment restaurée pour être rendue au culte. Les vicaires de Condac y firent le service pendant quelques années.
Une dalle du choeur fut la pierre tombale d'un Jean Serph, prieur de St-Pierre de Taizé-Aizie, décédé le 5 avril 1725, à l'âge de 27 ans. Jean-Armand Pinoteau fut curé de Taizé-Aizie de 1742 à 1747.

Le 2 septembre 1751, y fut ondoyée Françoise d'Hémery, fille d'0livier-Mathurin D'Hémery, seigneur de Semé et de l'Abrègement, qui eut pour marraine demoiselle Françoise de Saluces.
Le 8 décembre 1758, y fut inhumé Pierre Jourdin, seigneur de Boistillé, en présence des curés de Lizant, Moutardon, Condac, Barro, Bioussac, Les Adjots, et de toute la noblesse du canton.
Le 2 décembre 1766, Mgr. de Beaupoil de Saint-Aulaire, évêque de Poitiers, y donna la confirmation.
Le 14 juillet 1790, une messe solennelle y fut célébrée à l'occasion de la fête de la Confédération générale. Après la cérémonie du serment, le commandant de la garde nationale fit un discours et un Te Deum fut chanté.
Dans la nuit du 24 au 25 septembre 1793, des voleurs s'introduisirent dans l'église et après avoir brisé le tabernacle s'emparèrent du calice, de la patène et du ciboire qui s'y trouvaient, répandant les hosties sur l'autel.
Le 24 floréal, une des cloches fut enlevée et envoyée à l'hôtel de la monnaie ou de la marine, «dont les besoins étaient pressants» disait une circulaire du district de Ruffec. Peu après, l'église de Taizé devint successivement Temple de la Raison et salle décadaire ; la société populaire et montagnarde de Ruffec y donna des conférences.

En 1802, la paroisse de Taizé fut annexée à celle des Adjots. Vers 1806 le culte y fut rétabli normalement. La cure actuelle fut bâtie en 1868 et 1869.
Un peu plus loin, à quelques centaines de mètres, se trouve l'établissement de M. Saulnier, qu'il est bon de connaître, car on y boit frais et le touriste est sûr d'y trouver un certain confort, ce qui est souvent très appréciable.
Longeant les coteaux boisés de Lavaud, qu'elle laisse à droite, la rivière atteint vite le moulin de la Riche, perdu dans un massif de verdure. Ce nom de la Riche, donné à cette partie de l'arrondissement de Ruffec, est bien un témoignage de la fertilité du pays. Il s'applique à l'immense propriété qui se trouve sur la rive gauche de la Charente.
A droite, les coteaux du Magnoux, qui fournirent la pierre de taille, très dure, avec laquelle furent établis les soubassements des divers bâtiments de la gare de Ruffec et qui, avec ceux du plateau des coteaux de Lavaud, fournissent une pierre non gélive, assez rare dans le pays, et utilisée notamment pour faire des pavés, des bordures de trottoirs et des seuils de portes.
Nous voici au moulin de Greigueuil, des premiers de la contrée où fut opérée la transformation de l'outillage par l'emploi d'une turbine et de cylindres. Deux béliers hydrauliques ont pour mission spéciale de faire monter l'eau à la ferme et au logis délicieusement situés dans une vaste crique, toujours verte, abritée des vents du nord, dont les hauteurs sont boisées jusqu'à la route de Ruffec.
Autour du logis se voient des arbres séculaires, pins géants et chênes à puissantes rainures qui l'ont de l'habitation de la famille de Greigueuil, depuis 1753, une des puits calmes et des plus agréables. et vieux témoins des peines et des joies familiales, redonnent chaque année un aspect nouveau à ce lieu enchanteur.
Quand l'eau de la Charente a payé son tribut à Greigueil, longeant un coteau planté de buis aux senteurs fortes, elle va recommencer au moulin de Refousson, où fonctionnaient encore il y a quelques années de petites industries, en dehors de la minoterie, qui seule a subsisté. En suivant, à gauche la grande exploitation agricole de la Vergnée et le logis, avec sa belle futaie. A droite, la fontaine de Martreuil, qui doit son nom à la seigneurie dont il ne reste plus guère de traces. Ses eaux, par-fois envahissantes l'hiver, forment un nouvel affluent de la Charente. Quelques centaines de mètres plus loin nous arrivons au pont de Condac, qui dessert la route départementale n° 7, de Confolens à Melle (56 kil.) On ne peut mieux choisir pour faire une halte.
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