Hôtel des Ambassadeurs

L'Hôtel des Ambassadeurs, bonne maison nous dit le Guide classique du voyageur en France de Jean-Marie-Vincent Audin en 1849). Cet hôtel qui succède à l'hôtel du Lion d'Or, fut probablement construit entre 1808 et 1813.


Face à face de chaque côté de la RN10.
Juste avant l'hôtel, on voit la hauteur initiale de cette zone qui a été recreusée en 1808 pour faciliter le passage de la RN10 sur ce plateau.
Idem au fond à gauche après l'Hôtel de France.



Les Ambassadeurs et Le France (les grands hôtels de Ruffec) se disputaient le voyageur
à la descente du train d'où deux omnibus en garde à la porte de la gare.
 

Situé face au relais de poste et à l'Hôtel de France, il tentait de se faire lui aussi une bonne clientèle, même si en 1900 s'annonçait un sort funeste.
Il essaya d'asseoir une saine concurrence...  le local de fabrication des pâtés était à main gauche dans la cour.

Adolphe Poste, probablement sur ce cliché.

Historique des patrons

L'Hôtel des Ambassadeurs édifié sur la route royale de Paris en Espagne au début du XIXe siècle, face au relais de poste, succéde à l'hôtel du Lion d'Or (hôtel réputé) qui se situait en centre-ville de Ruffec.


Les Lavalette
Le 4 octobre 1791, Pierre Lavalette, fils de François Lavalette et et Marie Audouin, épouse Marie Tardieu, fille de Jacques Tardieu aubergiste et de Catherine Chabot.


Le 28 juin 1791, il faut noter qu'Antoine Gandaubert (décédé le 20 décembre 1821 à Barbezieux), aubergiste également, fils de François Gandaubert et Jeanne Jusse de Saint-Estèphe (en Angoumois), épouse Françoise Tardieu, fille de Jacques Tardieu aubergiste et de Catherine Chabot.

En 1813, Pierre Lavalette est le propriétaire de l'Hôtel des Ambassadeurs quand il cède à la commune les jardins situés à l'arrière des écuries de son établissement pour en faire un champ de foire aux boeufs (actuellement parking). Il avait épousé Marie Tardieu le 4 octobre 1791 à Ruffec.

Les Gandaubert
Un certain Alexandre Gandaubert, directeur des messageries à Barbezieux, né à Ruffec le 22 septembre 1797, fils d'Antoine Gandaubert décédé à Barbezieux le 20 décembre 1821, et de Françoise Tardieu, épouse une certaine Françoise
Caroline Lavalette le 30 juillet 1822 à Ruffec, fille de Pierre Lavalette aubergiste et Marie-Anne Tardieu.

Ainsi on retrouve en 1841, Pierre Lavalette qui est décédé ; et c'est son gendre Hector Gandaubert qui est maître d'hôtel à sa place. L'épouse Gandaubert est née Lavalette et prénommée Caroline. Avec ce couple réside la belle-mère : Marie-Anne Lavalette, née Tardieu ; et son petit-fils Pierre Brisson.
L'hôtel emploie 3 domestiques. En 1846, Hector Gandaubert est décédé. Son épouse, Caroline Lavalette est maître d'hôtel, elle a 46 ans. Avec elle, une nièce Chérie Roux, 21 ans, un cuisinier et 4 domestiques.

Les Poste
Un peu plus loin, Louis Poste est cabaretier, entrepreneur de voitures publiques, il a épousé le 29 avril 1812 Marie Fayette.


En 1841, Louis Poste est aubergiste, rue Boitant ; avec sa femme Henriette Magnant, la fille Henriette Poste (fille de qui ? non précisé, erreur de prénom ?), et 6 domestiques.

En 1846, Louis Poste (31 ans) est entrepreneur de voitures publiques, grande route (probablement à l'hôtel des Ambassadeurs), avec sa femme Henriette Magnant (29 ans) épousée le 27 avril 1812, leur fille aînée Louise Poste (2 ans), un domestique et un postillon.
En 1856, Louis Poste (36 ans) est aubergiste, grande route, avec sa femme Henriette Magnant (34 ans), avec leurs enfants : Adolphe (7 ans), Louise (5 ans), Juliette (3 ans), Louis (3 ans) ; et 3 domestiques. 
En 1861, Louis Poste (43 ans) est aubergiste, grande route, avec sa femme Henriette Magnant (41 ans - noté 44 ans), avec leurs enfants : Adolphe (16 ans), Louise (15 ans), Juliette (14 ans), Louis (10 ans), Sincère (3 ans) ; et 1 servante.
En 1872, Louis Poste (56 ans) est maître d'hôtel, grande route, avec sa femme Henriette Magnant (54 ans), avec leurs enfants : Adolphe (28 ans) maître d'hôtel, et son épouse Juliette Vergnaud (24 ans), Juliette Poste (24 ans), 1 postillon, 2 conducteurs de voiture, deux femmes domestiques, un garçon d'écurie, un cuisinier.

Adolphe Poste a épousé à Ruffec, le 17 mai 1870, Jeanne Juliette Vergnaud, née à Ruffec en 1849 (de Louis Vergnaud et Magdeleine Fougeroux). Jeanne Juliette Vergnaud est décédée à 55 ans à Ruffec le 5 janvier 1905.




En-tête de facture 1875 (Document Jean-Louis Carde).

En 1875, la terrine de foie gras truffé et celle de pâté de perdreaux truffés étaient facturée 12 francs chaque.

En 1876, Adolphe Poste (32 ans) est maître d'hôtel et fabricant de pâtés, avec sa femme Julia Vergnaud (27 ans) ; la maison compte un pâtissier, un charcutier, un cuisinier et 3 domestiques. A côté, réside le père le père, Louis Poste (61 ans) rentier, et sa fille Juliette Poste (29 ans). 
En 1881, 1884, 1888, 1892, 1896 et 1900, Marie Adolphe Poste est élu conseiller municipal à Ruffec. 


En 1886, Adolphe Poste (42 ans) est maître d'hôtel, avec sa femme Jeanne Vergnaud (37 ans), Louis Poste le père (72 ans), 3 cuisiniers, 2 domestiques.
Marie Adolphe POSTE... (fils de Louis Poste, né en 1814, et de Henriette Magnant (1), lesquels se sont mariés à Ruffec le 2 avril 1839) ; il était né à Ruffec en 1844. 
(1) Je n'ai pas encore pu vérifier si Henriette Magnant était apparentée à Marie Elodie Magnant, seconde épouse Claudot, née le 13 décembre 1875 à Ruffec (fille de feu Constant Magnant, négociant et de feue Marie Laurent). 
En 1891 les âges sont toujours notés avec imprécision, Louis Poste (76 ans) est dit rentier et chef de ménage, Adolphe Poste (46 ans) est maître d'hôtel, avec sa femme Jeanne Vergnaud (40 ans), avec deux cuisiniers domestiques et un marmiton. 
En 1896, Adolphe Poste (50 ans) est hôtelier, avec sa femme Julia (Jeanne) Vergnaud (46 ans), avec un cuisinier domestique (17 ans) et trois servantes (24, 22 et 26 ans).
En 1901, Adolphe Poste (57 ans) est maître d'hôtel, avec sa femme Julia (Jeanne) Vergnaud (51 ans), avec 3 domestiques (32, 25 et 17 ans).
Maxime Deschandeliers rachète l'Hôtel des Ambassadeurs en novembre 1903.
Adolphe Poste décèdera à Ruffec, à son domicile, le 3 janvier 1904. Jeanne Juliette Vergnaud est décédée à 55 ans à Ruffec le 5 janvier 1905.





Maxime Deschandeliers (qui décédera à son tour le 24 février 1904), propriétaire de l'Hôtel de France (avec son oncle Claudot), avait racheté l'Hôtel des Ambassadeurs (cliché ci-dessus de 1905 environ) en novembre 1903. Mais il décède en 1904. 


"M. Deschandeliers (Maxime) est un cuisinier de premier ordre qui a su faire estimer à l'étranger l'art culinaire français et ne pourra que continuer la tradition de la maison. Il a l'avantage de connaître plusieurs langues étrangères..., ce qui lui permettra de servir d'interprète aux automobiliste étrangers qui passent assez fréquemment à Ruffec. Nous croyons qu'il a l'intention de faire en grand la fabrication des pâtés dits de Ruffec et d'utiliser à l'étranger les nombreuses relations qu'il a su y créer..."
 
Maxime (Théophile Maximin) Deschandeliers né à Theil Nolent (Eure) le 10 juillet 1870 décédera le 25 février 1904 à Ruffec. C'était un fils d'Armand Auguste Deschandeliers et de Célestine Sidonie Léonie Camus.

Sa veuve (Voir généalogie en page Deschandeliers) vendra le fond de commerce en 1906. Voir plus bas).

Par ailleurs un drame le concernait en 1883 : noyade de Jean-Baptiste Deschandeliers, âgé de 19 ans (né le 16/2/1864 à Theillenolent - Theil Nolent - Eure). Il était garçon de buffet à la gare de Ruffec et s'est noyé dans la Charente au moulin de Condac le 12 juillet 1883. Il était le fils d'Armand Auguste Deschandeliers (frère de Jean-Baptiste César) et de Léonie Camus, demeurant à Theil-Nolent. Il était ainsi le frère de Maxime (Théophile Maximin à l'état-civil).





En 1911, l'Hôtel des Ambassadeurs est tenu par Edmond Delaunai (né en 1880 à Tarbes) et son épouse Yvonne (née en 1880 à Plouet). Ils ont avec eux leur fille Thérèse (née en 1901 à Paris) et ses grands-parents Pierre et Marie-Louise Delaunai. L'hôtel emploie deux cuisiniers. Alphonse Rousseau est le conducteur de leur omnibus.

Le banquet servi à l'occasion de l'inauguration de la ligne de chemin de fer Ruffec-Roumazières avait été préparé par l'Hôtel des Ambassadeurs.

Les co-propriétaires (Delaunai) tenteront la survie de l'hôtel mais en 1912 ce dernier et le fonds de commerce étaient à nouveau à vendre.


En 1912, le fond de commerce de l'Hôtel des Ambassadeurs est à vendre. Il appartient à Edmond Delaunai. Ancienne maison Poste, Veuve Maxime Deschandeliers, Edmond Delaunai maître d'hôtel, successeurs.

 

Sur la droite, le garage Loussert dans les années 30.

Un garage (dans les années 20 et après) succèdera à l'hôtel mais les chambres furent conservées un temps à l'étage comme annexe de l'Hôtel de France.
Ce garage appartenait à Léon Loussert en mai 1924 (publicité ci-dessus dans L'Avenir de la Charente) et fut transmis à sa fille Paulette épouse Verger. Le fils, Pol Loussert ouvrait quant à lui un garage sur la route nationale au nord de Ruffec.
 

Ci dessus : dès avant la guerre de 1914-1918, Léon Loussert exploitait un atelier de mécanique agricole et machines à vapeur à l'entrée de la rue Gambetta à droite (emplacement du laboratoire d'analyses bio-médicales).

Face à l'hôtel de France, dans les années 50, l'hôtel des Ambassadeurs est devenu un garage avec ses pompes à essence au rez-de-chaussée. Avant il s'était fait annexe de l'Hôtel de France avec des chambres à l'étage.

L'étage de l'hôtel a été rasé, un marchand de meubles de cuisines (cuisines des ambassadeurs) est installé depuis 2012 au rez-de-chaussée.
Afficher la suite de cette page



Créer un site
Créer un site